Effet de parité supraconducteur à la limite d’Anderson


Quelle est la dimension minimum d’un nanocristal permettant l’établissement d’un ordre supraconducteur ? En 1959, P. W. Anderson suggéra que la supraconductivité ne pouvait exister que si l’intervalle d’énergie entre niveaux électroniques était inférieur à l’échelle d’énergie supraconductrice, i.e. le gap supraconducteur, laquelle correspond à l’énergie de liaison des paires de Cooper responsables de la supraconductivité. Jusqu’à récemment, cela restait une simple conjecture. Or, utilisant un Microscope à effet Tunnel (STM) pour étudier le comportement de nanocristaux supraconducteurs de plomb se développant sur un gaz d’électrons bidimensionnel à la surface d’arsénure d’indium, des chercheurs du LPEM ont pu observer que l’appariement de Cooper disparait dans les cas où cet intervalle dépassait l’échelle d’énergie supraconductrice, démontrant ainsi sans aucune ambiguïté la validité du critère d’Anderson. Cette expérience établit une nouvelle méthode d’investigation de nanocristaux dans le régime de fort confinement quantique avec des perspectives prometteuses pour l’étude des ordres électroniques à la limite chimique, i.e. lorsque le spectre électronique d’un solide devient discret.

Ref.
• Superconducting parity effect across the Anderson limit”
S. Vlaic, S. Pons, T. Zhang, A. Assouline, A. Zimmers, C. David, G. Rodary, J.C. Girard, D. Roditchev, H. Aubin. Nature Comm. 10.1038/NCOMMS14549

Contact : herve.aubin (arobase) espci.fr

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